My Kingdom For A Song
BLITZ! Numéro 59
Par le Général Hiver
Sorti en 1982, l’album « Pornography » passe pour l’uvre la plus extrémiste et radicale du groupe anglais The Cure. Les huit titres de ce disque à part sont de très grande qualité, au point qu’il était difficile d’en extraire un pour nourrir cette rubrique. Choisir c’est renoncer.
« Siamese Twins » clôt la première face de l’album. Il tranche avec les trois titres qui le précèdent (« One Hundred Years », « A Short-Term Effect »
et « The Hanging Garden »), sur lesquels la batterie de Laurence Tolhurst s’est montrée agressive et tribale.
Joué sur un tempo lent, « Siamese Twins » s’ouvre sur un tintement de carillons. Puis la mélodie, mélancolique à souhait, s’installe, au service
d’un texte ambigü.
Dans cette histoire complexe, se mêlent la paranoia, une certaine sensualité et le meurtre, ou peut-être le suicide.
Siamese Twins (Surs Siamoises)
I chose an eternity of this
J'ai choisi une éternité
Like falling angels
Pareil à des anges déchus
The world disappeared
Le monde se dissipa
Laughing into the fire
En riant dans le feu
Is it always like this ?
Est-ce toujours comme ça ?
Flesh and blood and the first kiss
La chair, le sang et le premier baiser
The first colours
Les premières couleurs
The first kiss
Le premier baiser
We writhed under a red light
Nous nous sommes déformés sous une lumière rouge
Voodoo smile
Sourire vaudou
Siamese twins
Surs siamoises
A girl at the window looks at me for an hour
Une fille à la fenêtre me regarde depuis une heure
Then everything falls apart
Tout tombe en ruine
Broken inside me
Brisé en moi
It falls apart
Ça tombe en ruine
The walls and the ceiling move in time
Les murs et le plafond bougent en rythme
Push a blade into my hands
Pousse une lame dans mes mains
Slowly up the stairs
Monte doucement les escaliers
And into the room
Et dans la pièce
Is it always like this ?
Est-ce toujours comme ça ?
Dancing in my pocket
Dansant dans ma poche
Worms eat my skin
Les vers mangent ma peau
She glows and grows
Elle rayonne et grandit
With arms out stretched
Avec les bras bien étendus
Her legs around me
Ses jambes autour de moi
In the morning i cried
Le matin j'ai pleuré
Leave me to die
Laisse moi mourir
You won't remember my voice
Tu ne te souviendras pas de ma voix
I walked away and grew old
Je me suis enfui et j'ai vieilli
You never talk, we never smile
Tu ne parles jamais, nous ne sourions jamais
I scream
Je hurle
You're nothing
Tu n'es rien
I don't need you anymore
Je n'ai plus besoin de toi
You're nothing
Tu n'es rien
It fades and spins…
Ça se fane et file...
Sing out loud
Chante fort
We all die
Nous mourons tous
Laughing into the fire
En riant dans le feu
Is it always like this ?
Est-ce toujours comme ça ?
Ce morceau très réussi est plus tourmenté que calme. Robert Smith y a intégré des images fortes et désespérées, servies par un tempo plus lent et des guitares moins agressives que sur l’essentiel de l’album « Pornography », chef-d’uvre indépassable de la discographie curesque, à notre avis.
Voir une vidéo de 1983 d’un projet de Nicholas Dixon, danseur du Royal Ballet, et de Robert Smith assisté notamment par Steven Severin :
https://www.youtube.com/watch?v=uRmcMeH62Ac
Voir une version en concert à Berlin en 2002 :
https://www.youtube.com/watch?v=TGPJiWYPXXU&list=RDTGPJiWYPXXU&start_radio=1