BLITZ!

DOSSIER BLITZ! Numéro 2 - DEATH IN JUNE

Écrire un article sur le groupe anglais DEATH IN JUNE ne constitue pas un exercice facile.

En effet, depuis sa formation en 1981, cette entité n’a cessé de susciter l’intérêt, la fascination ou l’aversion, en raison des thèmes traités dans certaines chansons, de l’impact visuel du groupe ou de son utilisation de nombreux symboles et codes, esthétiques, intellectuels ou ésotériques.

Depuis le début, DEATH IN JUNE et son leader Douglas PEARCE, devenu seul membre permanent depuis 1985, n’ont cessé de surprendre leur public en raison d’une évolution musicale très spectaculaire, passant d’un répertoire post-punk assez proche de Joy Division, quoique plus martial, à des chansons de plus en plus dépouillées, acoustiques ou se réduisant même, comme sur le dernier album en date « PEACEFUL SNOW », à la voix de Douglas PEARCE accompagnée par le piano de Miro Snejdr, un musicien slovaque.

Le groupe CRISIS, préfiguration de Death in June

De 1977 à 1980, Douglas PEARCE et Tony Wakeford jouent dans le groupe d’extrême-gauche CRISIS. Sa musique punk combinée à des paroles militantes contre le racisme ou le nazisme, ou en faveur du droit à l’emploi, lui permettent de rencontrer un vaste public tant en Angleterre qu’en Europe, à l’occasion des nombreux concerts qu’il donne et qui sont souvent émaillés par des incidents.

Toutefois, le 10 mai 1980, CRISIS est dissout au terme d’un concert à Guildford, dans le Surrey, région d’origine du groupe.

Les débuts

Loin de mettre un terme à leur carrière artistique, Douglas PEARCE (guitare) et Tony Wakeford (basse) fondent DEATH IN JUNE. Ils sont vite rejoints par Patrick Leagas (batterie), ex-membre d’un groupe politiquement proche de CRISIS, Runners from 1984 (d’après le roman de George Orwell, « 1984 »), que connaît Tony Wakeford.

Plusieurs pistes concourent à expliquer le nom du groupe. Il semble que la version officielle soit la suivante : l’expression Death in June est le résultat d’une incompréhension auditive lors d’une conversation entre Douglas PEARCE et Patrick Leagas, lors d’une répétition. Toutefois, une autre version est assez fréquemment admise : la mort en juin évoquerait le 30 juin 1934, date de la Nuit des longs couteaux, au cours de laquelle Hitler, chancelier de l’Allemagne depuis un an et demi, décide d’éliminer les promoteurs de la « seconde révolution », Ernst Röhm et les cadres de la Sturm Abteilung (SA). Comme cela sera souvent le cas dans cet article, plusieurs interprétations cohabitent, ce qui paraît convenir à Douglas PEARCE. Néanmoins, il est incontestable que les membres de Death in June, et particulièrement leur leader, sont très intéressés par l’entre-deux guerres en Europe.

Le groupe Death In June
La première incarnation de Death in June, de gauche à droite : Douglas Pearce, Tony Wakeford, Patrick Leagas

Le 25 novembre 1981, le groupe donne son premier concert, à Londres, assurant la première partie du groupe de Nick Cave, The birthday party.

Une brève tournée britannique suivra, durant laquelle Death in June affiche son style musical qui combine les atmosphères post-punk, des éléments électroniques et une rythmique martiale.

En 1983 sort le premier EP 7 titres du groupe « THE GUILTY HAVE NO PRIDE ». La musique est sombre, austère, martiale et les thèmes abordés sont également difficiles : la peur de l’autre (« All alone in her Nirvana »), la crainte de l’avenir (« Nothing changes ») ou les camps d’extermination de la 2e guerre mondiale (le mythique « Heaven Street », à la rythmique très impressionnante et dont les paroles sonnent comme une mise en garde). Ce disque sera réédité en CD par le label World Serpent en 1990, sous le titre « THE GUILTY HAVE NO PAST », avec des morceaux supplémentaires.

Totenkopf et chiffre 6

La pochette montre une tête de mort « Totenkopf » jaune et le chiffre 6 dans un losange jaune sur fond brun.

Ce logotype, déclinaison de l’emblème de certains corps de l’armée prussienne bien avant que les divisions SS ne s’en emparent (un rictus a été ajouté par DEATH IN JUNE au modèle original), sera employé de manière récurrente sur les pochettes des disques du groupe. Il peut évoquer la mort et le chiffre 6 est celui du mois de juin : la Mort en juin, soit, en anglais, Death in June.

Main gantée tenant un fouet et le chiffre 6

Peu après, un nouveau logotype, dénommé en anglais Whiphand, sera utilisé par le groupe, soit seul, soit en même temps que la Totenkopf : il représente une main gantée tenant un fouet, avec de nouveau le chiffre 6, le tout enfermé dans un cercle.

L’impact visuel efficace de ces deux logotypes contribuera à la fascination ou à la répulsion que suscitera DEATH IN JUNE.

Un troisième sigle sera plus rarement utilisé, composé de trois bandes verticales et à leur droite un chiffre 6. Il s’agirait d’un emprunt à l’écusson d’une unité de blindés allemands de la Seconde guerre mondiale.

Janvier 1984 marque le départ de Tony Wakeford vers d’autres aventures musicales toujours imprégnées d’ésotérisme ou inspirées de la pensée du philosophe italien Julius Evola, à qui il emprunte le nom de son premier groupe : ABOVE THE RUINS. Il fondera quelques années plus tard l’entité folk SOL INVICTUS.

Durant la même année, l’album « BURIAL » sort, destiné à clore le chapitre relatif au trio originel de DEATH IN JUNE. Il comporte 10 titres, dont « The death of the West », fortement inspiré de l’ouvrage d’Oswald Spengler, « Le déclin de l’Occident », et que l’on peut considérer comme la première chanson folk figurant sur un album du groupe.

5 morceaux enregistrés en live complètent la playlist de « BURIAL », dont « Heaven Street » précédemment évoqué.

Premier changement de style

NADA

Les rythmiques synthétiques à vocation dansante font irruption dans le répertoire de DEATH IN JUNE à l’occasion de l’enregistrement de l’album « NADA! » qui sort en 1985.

L’influence de Patrick Leagas est très présente sur NADA!, notamment avec des morceaux synthétiques de bonne facture (« Carousel », « Foretold », « The calling Mk II ») parfois proches de la cold wave.

Le line-up se compose de Douglas PEARCE, Patrick Leagas, Richard Butler (un compère de Patrick Leagas dans le groupe Runners from ’84) et David Tibet, fondateur du groupe ésotérique Current 93, très inspiré par les préceptes du mage Aleister Crowley.

La collaboration entre Douglas PEARCE et David Tibet, tant sur des albums de DEATH IN JUNE que de Current 93, s’intensifiera avant de cesser naturellement dans les années 1990.

Plusieurs morceaux acoustiques (« Leper Lord », « Fields of rape ») côtoient sur « NADA! » l’étrange titre « C’est un rêve », collage industriel oppressant dans lequel Douglas PEARCE, en citant Klaus Barbie, le plus célèbre chef de la Gestapo à Lyon, cherche à montrer que tour à tour l’être humain est bourreau ou victime. Il ne s’agissait pas pour DEATH IN JUNE de chanter les « hauts faits » de Klaus Barbie, mais le message a parfois été mal compris et cette incompréhension a pu attirer l’opprobre, fort injustement, sur le groupe.

Enfin, il est possible que le titre de l’album (« nada  » signifie « rien » en espagnol) ait été inspiré par un passage de l’ouvrage de Marguerite Yourcenar « Mishima ou la vision du vide ».

Attention : chef-d’œuvre !

En 1986, la sortie d’un nouveau LP, « THE WORLD THAT SUMMER », indique un nouveau tournant dans l’inspiration de DEATH IN JUNE, ou plus exactement de Douglas PEARCE et ses collaborateurs. En effet, Patrick Leagas a quitté le groupe après la sortie de « NADA! » et Douglas PEARCE reste seul membre à bord.

FOCUS SUR « THE WORLD THAT SUMMER »
THE WORLD THAT SUMMER

Enregistré à Londres en 1985-1986, l’album THE WORLD THAT SUMMER est à notre avis un véritable chef-d’œuvre, associant des références littéraires approfondies à une grande palette musicale qui s’étend de la pop music la plus agréable (« Come before Christ and murder love », « Rule again ») au collage industriel par définition difficile d’accès (le long morceau « Death of a man »).

Pour réaliser ces enregistrements, Douglas P. a convoqué un line-up inédit, composé de David TIBET (désigné à cette époque par le pseudonyme Christ 777), leader du groupe CURRENT 93, et Andrea JAMES de la formation de musique industrielle expérimentale SOMEWHERE IN EUROPE.

Le titre « THE WORLD THAT SUMMER » peut faire référence au roman de Robert Muller du même nom, qui met en scène un jeune allemand d’origine juive qui intègre le Jungvolk, antichambre des Jeunesses hitlériennes. Ce livre a pu intéresser Douglas PEARCE car son action se déroule pendant l’une des périodes historiques les plus importantes pour lui en termes d’inspiration.

La référence à l’œuvre de Yukio MISHIMA, l’écrivain japonais (1925-1970), est omniprésente dans « THE WORLD THAT SUMMER », dont le titre même ressemble fort à la collection de nouvelles « LA MORT EN ETE » de MISHIMA. Parmi les nouvelles de ce recueil se trouve « Yukoku » (« Patriotisme »), une histoire tragique dans laquelle le personnage principal devra, pour sauver son honneur, s’infliger l’éventration rituelle, courante à l’époque samouraï et prémonitoire de la fin de MISHIMA.

Autres références incontestables à l’œuvre du célèbre écrivain :

Le morceau « Hidden among the leaves », où l’on entend une voix de femme s’exprimer en japonais, est la traduction littérale en anglais du terme nippon HAGAKURE (« caché dans la feuillée ») : il s’agit du code d’honneur des samouraïs, que MISHIMA a lu très assidument, au point d’en rédiger un commentaire intitulé « Le Japon moderne et l’éthique samouraï ».

Le titre de la chanson « Torture by roses », très poétique et à la mélodie raffinée, est là encore la traduction du japonais « Barakei », album de photographies de Eikoh HOSOE où MISHIMA se met en scène, dans des poses tantôt sobres, tantôt provocantes ou suggestives.

Enfin, dans la longue plage de collage expérimental « Death of a man », l’auditeur averti pourra identifier un extrait de l’hymne de la Tatenokai (« Société du bouclier »), la milice privée constituée à ses frais par Yukio MISHIMA.

David TIBET, de son côté, apporte de violentes attaques anti-chrétiennes, notamment dans « Blood victory » dont le message ne souffre aucune équivoque :

La chanson se termine par le triomphe du trublion parmi les dieux du Panthéon nordique, ou par une assimilation de Jésus à Loki, qui ne joue pas en faveur du premier :

“THE WORLD THAT SUMMER” reste toutefois un album équilibré grâce à la présence de titres plus légers, comme “Break the black ice”, magnifique slow, ou les deux morceaux cités en début de chronique, « Come before Christ and murder love », où la trompette vient apporter beaucoup d’élégance au final, ou « Rule again », aux sonorités et à la rythmique plus proches de la new-wave.

Enfin, cette œuvre est très marquée sexuellement. L’homosexualité de Douglas P. n’est pas un secret et les références à l’homoérotisme abondent tout au long de l’album, tant dans les allusions à MISHIMA que dans d’autres lyrics qui semblent plus personnels :

Par exemple, l’expression « Break the black ice » a pu être considérée comme une métaphore de la sodomie, et certaines paroles confirment la véracité de cette interprétation :

Enfin, dans « Come before Christ and murder love », Douglas P. s’adresse à un « Wolf-grey Adonis », référence esthétisante mais très claire.

Toutefois, l’œuvre entière de DEATH IN JUNE est toujours génératrice de nombreuses interprétations, et bien évidemment cet album n’échappe pas à la règle.

Désormais disponible en Digipak (NER BAD VCCD9), « THE WORLD THAT SUMMER » est, à notre avis, l’œuvre la plus émouvante et la plus inspirée de DEATH IN JUNE.

La veine créative de Douglas PEARCE ne tarit pas puisque dès 1987 sort « BROWN BOOK », nouvel album où les collaborateurs identifiés sont, outre David Tibet, Rose Mc Dowall du groupe Strawberry Switchblade, Ian Read de Sol Invictus, John Balance de Coil, Gary Carey et Jan O de Joy of Life.

Les titres les plus remarquables sont « Burn again », ballade acoustique minimaliste chantée par David Tibet, inspirée des musiques de westerns d’Ennio Morricone dont Douglas PEARCE est un admirateur déclaré ; « To drown a rose », magnifique chanson interprétée par Rose Mc Dowall d’après Jean Genet ; « Runes and men » qui confirme l’intérêt pour les runes de Douglas PEARCE.

Si aucun morceau d’atmosphère industrielle ne figure dans « BROWN BOOK », l’album suivant, « THE WALL OF SACRIFICE », sorti en 1989, compense amplement cette carence. Deux longues plages oppressantes (« The wall of sacrifice » et « Death is a drummer ») où les échantillonnages sont disposés en strates, à l’image d’un mille-feuille sonore, ouvrent et ferment cet opus. Entre ces deux piliers assez difficiles d’accès, la sublime ballade acoustique « Fall apart », à la beauté minimaliste parfaite, et le très beau « In sacrilege » magnifiquement chanté par David Tibet, apportent de la sérénité à l’auditeur après l’agression du morceau d’ouverture.

En 1989, Douglas PEARCE collabore avec Erik Konofal du groupe français de musique industrielle symphonique LES JOYAUX DE LA PRINCESSE. Le résultat, intitulé « OSTENBRAUN », est à l’origine publié sous forme d’une double cassette et sera réédité au format CD en 1992. Les claviers atmosphériques d’Erik Konofal se marient habilement aux vocaux de Douglas PEARCE, qui puise son inspiration dans les écrits de Jean Genet et dans le récit autobiographique de Christian de la Mazière, « Le rêveur casqué », qui narre l’engagement d’un jeune français dans les Waffen SS. Le héros part pour le front de l’Est où son unité affronte l’Armée rouge, en 1944.

L’activité de Douglas PEARCE ne ralentit pas puisqu’il apporte sa contribution à l’album de Boyd Rice, « MUSIC, MARTINIS AND MISANTHROPY  ». Le leader de NON, groupe industriel mythique du label MUTE, bénéficie du concours amical de plusieurs membres de la scène néofolk et baptise ponctuellement cette formation « Boyd Rice and Friends ».

L’année 1992 marque la sortie de l’album « BUT, WHAT ENDS WHEN THE SYMBOLS SHATTER ? ». Les mélodies essentiellement acoustiques portent les paroles magnifiquement ciselées par Douglas PEARCE, comme par exemple sur le titre d’ouverture « Death is the martyr of beauty », superbe clin d’œil à Mishima :

Les autres musiciens présents sur ce superbe opus sont David Tibet, Michael Cashmore (leader de Nature and Organisation), James Mannox, Simon Norris et Campbell Finley qui assure les parties de trompette.

La participation de David Tibet est particulièrement remarquable sur les titres qu’il interprète, « This is not paradise » et l’époustouflant « Dædalus Rising ».

Masque du mime neutre
Un cliché de « Something is coming », avec le désormais célèbre masque du mime neutre

A l’automne, DEATH IN JUNE enregistre le double CD live en Croatie « SOMETHING IS COMING », dont le bénéfice des ventes est intégralement versé à la clinique Bolnicki de Zagreb, qui accueille principalement les mutilés de la guerre en ex-Yougoslavie. L’engagement pro-croate de DEATH IN JUNE a suscité quelques critiques à l’époque.

L’année suivante, le mini-CD « CATHEDRAL OF TEARS » réunit deux mixes acoustiques du titre éponyme (dont l’un se termine par un solo de guitare) et trois morceaux live enregistrés à Paris.

CATHEDRAL OF TEARS

Les paroles de « Cathedral of tears » sont empreintes d’un sens poétique éminemment nihiliste, porté par une mélodie dont la simplicité tutoie de nouveau la perfection :

En 1994, l’album « ROSE CLOUDS OF HOLOCAUST » poursuit l’exploration folk acoustique en proposant l’association de paroles parfois bouleversantes et de mélodies délicatement sculptées, par exemple sur « Accidental protégé » ou le morceau éponyme « Rose clouds of holocaust ».

Douglas PEARCE décide l’année suivante de modifier plusieurs mélodies de cet album et demande à l’acteur australien Max Wearing de lire les paroles originales. Le disque « DEATH IN JUNE PRESENTS: OCCIDENTAL MARTYR » voit donc le jour en 1995.

La collaboration avec Richard Leviathan de Strength through Joy donne naissance en 1996 à l’album « DEATH IN JUNE PRESENTS: KAPO ! » consacré lui aussi au conflit armé dans l’ex-Yougoslavie. Le nom du projet a été choisi par Douglas PEARCE pour nous montrer que le monde actuel fait de nous à la fois des prisonniers et des surveillants. Deux morceaux superbes marquent cette œuvre : « Only Europa knows » et « Lullaby to a ghetto ». L’atmosphère plombée de l’album n’incite pas à l’optimisme.

1996 marque aussi la sortie de « SCORPION WIND », nouvelle collaboration avec Boyd Rice et qui comporte un titre à la rythmique très intéressante, « Some Colossus ».

Nouvelle évolution musicale

Deux ans plus tard, Douglas PEARCE chante sur une musique composée par Albin Julius Martinek, fondateur des groupes industriels The moon lay hidden beneath a cloud et plus récemment Der Blutharsch. L’album « TAKE CARE AND CONTROL » combine les textes funèbres et des mélodies industrielles et synthétiques, enrichies de samples empruntés à Richard Wagner ou Franz Schubert. Plusieurs morceaux d’anthologie figurent à la playlist : « Kameradschaft », « Frost flowers » ou « Despair », hommage au film du même nom réalisé par l’Allemand Rainer Werner Fassbinder, et à son acteur Dirk Bogarde.

Les splendides paroles de « Despair » méritent que nous nous y attardions :

Deux ans après cet album très marquant dans la discographie de DEATH IN JUNE, « OPERATION HUMMINGBIRD » sort. Moins brillant musicalement que son prédécesseur, il n’en comporte pas moins un titre à la belle orchestration néoclassique, « Winter Eagle ».

Entre-temps, l’album live « HEILIGE ! » montre le groupe (composé pour l’occasion de Douglas PEARCE, Albin Julius Martinek et le percussionniste habituel John Murphy) en pleine forme en concert à Melbourne, Australie.

HEILIGE!

Certains titres sont interprétés de manière très énergique (« Bring in the night », « Only Europa knows »), alors que les pépites dark-folk sont conservées dans l’atmosphère apaisée des origines (« Fall apart », « Runes and men »).

En 2001, Douglas Pearce obtient la collaboration d’Andreas Ritter du groupe néofolk allemand Forseti, et règle ses comptes avec les trois dirigeants du label World Serpent via le nouvel album « ALL PIGS MUST DIE », où se côtoient des morceaux acoustiques doux-amers et des plages industrielles atonales et agressives.

L’année 2004 marque une nouvelle association avec Boyd Rice, sur l’album « ALARM AGENTS », qui comporte l’excellent titre « Black sun rising  », à l’ambiance proche des œuvres « pearciennes » du début des années 90. D’un commun accord, les deux artistes décident qu’il s’agira de leur dernier travail en commun.

Douglas PEARCE réserve une agréable surprise à ses fans puisqu’en 2006, l’album « FREE TIBET » est téléchargeable directement sur le site officiel de DEATH IN JUNE (http://www.deathinjune.net/index2.htm), avec notamment des titres connus « Daedalus falling » et « This is paradise » datant de la période de « BUT, WHAT ENDS WHEN THE SYMBOLS SHATTER ? ».

En 2008 sort un nouvel album, intitulé « THE RULE OF THIRDS », qui comporte plusieurs belles chansons acoustiques comme « My last Europa kiss » et « My Rhine atrocity ». Dave Lokan accompagne les vocaux de Douglas PEARCE sur ce projet.

Nouvelles explorations sonores

Deux ans plus tard, DEATH IN JUNE sort son dernier album en date, « PEACEFUL SNOW », où Douglas PEARCE est accompagné du seul pianiste Miro Snejdr. La voix est admirablement mise en relief par l’instrumentation dépouillée, tant pour les nouveaux morceaux (« Wolf rose », « Murder made history », aux accents proches du « Berlin » de Lou Reed) que pour les reprises figurant sur le second disque.

Une nouvelle fois, DEATH IN JUNE a su nous émouvoir par la beauté simple de ses chansons.

Notre voyage dans la discographie très riche et variée de DEATH IN JUNE se termine. Nous avons délibérément laissé de côté les compilations et les multiples collaborations de Douglas PEARCE, dont le détail est disponible sur le site internet officiel du groupe.

Nous sommes d’indéfectibles fans de l’œuvre de Douglas PEARCE, dont les références littéraires (Octave Mirbeau et son « Jardin des supplices » ont inspiré le titre « The torture garden ») et cinématographiques (« Portier de nuit » de Liliana Cavani notamment) sont extrêmement pointues et souvent sulfureuses, ce qui donne tout leur intérêt aux humbles tentatives de décryptage des textes. Cependant, lorsque toute investigation devient vaine, nous nous laissons volontiers porter par la poésie de DEATH IN JUNE.

La musique de Douglas PEARCE a nettement évolué en trente ans, et nous sommes certains qu’il nous surprendra encore et encore dans ses prochaines œuvres.

GENERAL HIVER


DEATH IN JUNE : la playlist de BLITZ! (suggestions dans le désordre)

Nota : la plupart de ces titres sont disponibles en écoute sur le site officiel, déjà indiqué, du groupe DEATH IN JUNE : http://www.deathinjune.net/index2.htm